Actes de colloque : Mai 1991
Fibres, légumineuses et nutrition
Nombre de pages : 83
Les résultats des travaux présentés montrent qu'outre leur avantage pour le maintien d'un bon équilibre nutritionnel, les fibres alimentaires participent à la prévention de certaines affections liées à la vie moderne te peuvent être actives dans certaines formes de traitement. Parmi les affections dont on a constaté l'amélioration avec un régime riche en fibres figurent : le diabète, l'hypercholestérolémie, l'hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires, l'obésité, les troubles du système digestif et certaines formes de cancer.
Dans les communications, le Docteur James Anderson et le Docteur Patricia Geil, spécialistes en nutrition médicale à l'Université du Kentucky, ont évoqué une réduction de l'ordre de 50 % des besoins d'insuline obtenue sur des populations diabétiques grâce à un régime riche en fibres comprenant un plat de haricots quotidien. Avec ce même type de régime, ils ont constaté chez les sujets hypercholestérolémiques une diminution d'environ 17 % du taux de cholestérol sanguin.
Le Docteur Kingman, Dunn clinical Nutrition Centre, Cambridge, travaillant sur les propriétés anti-cholestérolémiques des haricots, a émis l'hypothèse selon laquelle la diminution du cholestérol sanguin obtenue par un régime à base de légumineuses serait due à une modification du processus de synthèse plutôt qu'à une diminution des LDL (lipoprotéines).
Le Professeur Rambaud de l'INSERM U 290, traitant du rôle de l'adaptation de la flore dans la digestion colique des fibres, a présenté le bilan d'un travail mené sur des sujets sains qui démontre l'effet anti-diarrhéique de la fermentation accrue de lactulose.
Enfin, le Docteur Uebersax de l'Université du Michigan, après un rappel de la composition des haricots, a développé son exposé sur les attributs diététiques et nutritionnels des diverses espèces comestibles.
Les Français et leur alimentation.
Toutes les études sur la composition de l'alimentation des Français font état de profonds changements d'habitudes alimentaires dus à l'élévation du niveau et à la transformation des modes de vie. Ces changements se sont traduits par une baisse de la consommation d'aliments énergétiques au profit d'aliments jugés moins ''nourrissants'' tels que viande, fromage, .
D'une alimentation où prédominaient les fibres et l'amidon, nous sommes passé à une alimentation moins ''énergétique'' mais plus riche en lipides et en protéines d'origine animale. Ces dernières représentent 72 % de l'apport protéinique quand les recommandations du CNERNA les fixent à 40 %, le reste devant être d'origine végétale (légumineuses, céréales). Les lipides sont eux aussi en trop grande quantité dans notre alimentation.
La consommation de glucides (légumes secs, céréales, sucre) qui représente 40 à 50 % de l'apport énergétique est en revanche inférieure aux proportions fixées par les spécialistes à 52 à 55 %.
Enfin en consommant moins d'aliments énergétiques, nous avons réduit l'apport en minéraux, vitamines dont les végétaux les plus riches sont aussi ceux qui contiennent le plus de fibres alimentaires.
Ces modifications des habitudes alimentaires, sans entraîner de carences graves, participent toutefois à l'augmentation des fréquences d'apparition de certaines affections liées aux modes de vie.
Ainsi, une récente étude de l'INSERM annonce qu'un enfant sur quatre à un taux de cholestérol supérieur au seuil limite fixé par les spécialistes. Une autre enquête menée par les centres de santé de l'Assurance maladie a montré que 17,2 % des femmes et 18,4 % des hommes de la population étudiée avaient une cholestérolémie supérieure ou égale à 2,5 g/l.
Les problèmes de transit intestinal affecteraient un tiers de la population française (étude présentée lors du dernier MEDEC).
Les légumes secs de par leur composition riche en protéines, glucides complexes, fibres, vitamines du groupe B et minéraux et pauvre en lipides, ont un rôle à jouer dans la prévention de ces affections.
Ils mériteraient de figurer beaucoup plus souvent dans nos menus modernes d'autant que leur préparation est aujourd'hui aisée et que les recettes sont nombreuses et appétissantes.
Ouverture, Pr. Jean-Jacques Bernier
Le rôle de l’adaptation de la flore dans la digestion colique des fibres, Pr. Jean-Claude Rambaud
L’influence des fibres de haricots sur les taux de lipides, Dr. Susan Kingman
Composition et valeur nutritive des haricots secs, Dr. Mark Uebersax PhD
Recherches actuelles et futures sur les bienfaits de la consommation des haricots, Pr. James Anderson et Dr. Patricia Bazil-Geil
Clôture, Pr. Jean-Jacques Bernier
Commander cette publication
<< Retour